Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 14:09
C'est souvent confondu dans le langage courant alors je prends le temps de faire la différence entre dilution, dissolution et même fusion.

Que ce soit clair, personne ne fait fondre du sel dans une casserole d'eau pour faire cuire des nouilles, comme je l'ai souvent entendu.

Faire fondre quelque chose, ça consiste à le faire passer de l'état solide à l'état liquide, sans rien y ajouter, et encore moins en le jetant dans un quelconque autre liquide. Bon courage pour faire fondre du sel de table : il faut atteindre environ 1400°C...

Lorsqu'un solide est introduit dans un liquide et y disparaît complètement (c'est-à-dire qu'à la fin on a un liquide clair, sans suspension solide), on appelle ça une dissolution. C'est le cas du sel dans l'eau des nouilles

On procède à une dilution lorsqu'on a déjà une solution à base d'un solvant, dans lequel se trouve d'autres espèces chimiques (dissoutes, mélangées, c'est selon le cas) à une concentration donnée, et lorsqu'on diminue cette concentration en rajoutant du solvant pur à cette solution. On peut ainsi diluer de l'eau trop salée en y rajoutant de l'eau douce...

Accessoirement, on appelle suspension un liquide contenant des grains solides flottant dans la solution.

Par Seer - Publié dans : Vocabulaire
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 14:23
Je vais décrire ici un savon très basique, juste pour expliquer un peu comment ça fonctionne.

Vous avez déjà essayé de rincer de la graisse (celle d'une poêle sale) à l'eau ?

...

Pas très probant, hein.
C'est dû au fait que les graisses (des chaînes de carbone plus ou moins complexes) n'ont que très peu d'affinité avec l'eau (oxygène plus hydrogène).

Alors on a imaginé un truc. Une sorte de mousqueton en fait, pour faire partir la graisse avec l'eau de rinçage, et qui permet donc de relier ces deux antagonistes.

On a imaginé de mettre dans une même molécule deux parties, une qui s'entend bien avec la graisse et une qui aime bien l'eau. Ces deux parties ne se séparent pas, il s'agit d'une seule molécule.

Rien que l'éthanol (l'alcool à 90° c'est de l'éthanol pur à 90%) remplit pas trop mal cette fonction. Sa forme est :

CH3-CH2-OH


Si la partie de gauche (les deux C) s'entend pas trop mal avec la graisse pleine de C, la partie de droite -OH s'entend pas trop mal avec l'eau. En pratique ça marche pas très bien, parce que ces ententes ne sont pas assez fortes pour emmener efficacement la graisse loin de l'assiette uniquement avec de l'eau. Mais on se sert parfois d'éthanol pour dégraisser certains objets, plus efficacement qu'avec juste de l'eau sans aucun doute.

L
a partie qui s'entend bien avec le gras, c'est souvent une longue chaîne de carbone qui se mèlera bien avec celles du gras.
La partie qui s'entend bien avec l'eau est souvent un ion : l'eau est en effet le meilleur solvant existant pour les ions, comme j'aurai peut-être l'occasion de l'expliquer plus tard.
Ce qui nous fait donc un ion au bout d'une longue chaîne de carbone, qui fait un mousqueton efficace.

Le savon est né.
Par Seer - Publié dans : Niveau 2 : perfectionnement
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 18:46
Un truc assez bien connu par les profanes, somme toute. Je vais en livrer une petite explication assez qualitative, sans mathématiques.

J'avais parlé ici de la notion d'isotope, et un peu ici de l'élément carbone. Pour rappel :

- carbone 12, comportant six protons et six neutrons, est le plus courant et le plus stable, 98,8%.
- carbone 13, comportant six protons et sept neutrons, stable également, environ 1,1%
- carbone 14, comportant six protons et 8 neutrons, instable, se désintégrant de la manière suivante.
- carbone 11, comportant cinq neutrons et  six protons, également instable.

http://giik.net/carbone14/images/equation.gif(l'image je l'ai piquée, cliquez pour la source)

Cette radioactivité est dite de type beta moins. L'atome d'azote correspondant est stable.

Le carbone 14 existe encore car il est produit par bombardement de neutrons (apporté par les rayons cosmiques) d'atomes d'azote 14 (les plus courants) dans la haute atmosphère.

http://datationcarbone14.site.voila.fr/p1/formule10.gif 
Résultat des courses, on considère qu'on a une quantité dans la nature de carbone 14 quasi constante au cours du temps, équivalente à environ un millième de milliardième de carbone 12.

Ce ratio est le même dans un organisme vivant, et ce à chaque instant de sa vie, étant donné que les atomes se renouvellent continuellement suite aux échanges avec le milieu extérieur (respiration, alimentation, etc.). En revanche, dès qu'il meurt, la mécanique s'arrête et les atomes commencent à se désintégrer sans être remplacés.
On sait qu'il faut environ 5730 ans (le chiffre est normalement plus précis mais pas connu de moi) pour que la moitié des atomes de C 14 contenus dans l'organisme disparaissent. A comparer avec les 21 minutes du carbone 11... (Un jour je vous parlerai plus précisément de la notion de demi-vie des radioisotopes, mais sachez juste pour l'instant que ce temps est vraiment caractéristique de chaque isotope instable)
Bref, en mesurant la quantité d'atomes de C 14 présents dans l'organisme au moment de la mesure, en la comparant à la quantité qu'il comportait vivant (calculable), on peut déterminer par un calcul assez simple le nombre d'années écoulées depuis sa mort.

Cette méthode comporte bien sûr des erreurs car admet comme vraies beaucoup d'approximations. Elle n'est pas utilisable pour des phénomènes remontant à l'époque de la disparition des dinosaures (35000 ans est un grand maximum d'ancienneté pour des résultats à peu près fiables) et considérer qu'on a toujours eu la même quantité de carbone 14 sur la planète est une erreur, particulièrement depuis qu'on a commencé à mener des essais nucléaires, et même déjà avant, par des caprices cosmiques qui ne sont pas de mon ressort.

Elle permet quand même d'identifier sans risques des cadavres du 19è siècle déguisés en momies d'avant Jésus-Christ.
Par Seer - Publié dans : Chimie et vie quotidienne
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 00:19

J'ai déjà donné les bases de cette discipline, mais maintenant j'aimerais parler un peu de la discipline elle-même, au cours des sept semestres où j'en ai dévoré de la chimie organique (je ne compte pas les quelques cours de lycée, et ouf, je suis enfin libre !).

 

Dieu sait que je l'ai détestée cette matière, et comme je disais, y en aura pas beaucoup ici, et ça sera quand j'aurai le temps et le courage de sortir mes archives et ma tablette graphique pour dessiner tout ça. Prévoir un certain nombre d'heures, et pas avant la fin des exams, juillet au plus tôt.

 

Alors la chimie organique en elle-même, je ne la hais point, elle est même plutôt intéressante. Elle implique des structures de molécules vraiment complexes, pouvant présenter des différences minimes qui sont de véritables défis analytiques à différencier. D'ailleurs je vais bientôt jouer à ça pendant six mois...

 

Le carbone, en compagnie de l'hydrogène, peut former des chaînes, des cycles, des liaisons avec de l'azote de l'oxygène du soufre du phosphore des halogènes que sais-je. Il peut former des liaisons multiples, sa tétravalence (capacité à former quatre liaisons) donne à son environnement immédiat une forme pyramidale qui engendre encore des possibilités différentes. En passant, la discipline étudiant ces phénomènes s'appelle la stéréochimie et mérite un article dédié, mais si quelqu'un a lu je sais plus quel polar de Patricia Cornwell où la décédée a bu quelque chose qu'on croit être son médicament, la dextrométamorphane (dextromethorphan en anglais, mais en français je ne suis plus sûre ?) alors que c'est son énantiomère le lévomorphanol (idem, un doute, mais c'est levorphanol en anglais) qu'on ne pouvait pas différencier de la dextromorphane avec les techniques analytiques classiques et basiques, ben ça reposait sur une question de stéréochimie. Faudrait que j'écrive un jour sur la chimie et les polars, tiens.

 

Bref.

 

Moi la stéréochimie ça me plaisait bien, mais mon problème principal c'est ce qui constitue 90% des cours de chimie organique, à savoir la synthèse organique.

 

C'est la discipline qui consiste à savoir la recette de cuisine pour transformer une molécule super compliquée en une autre molécule super compliquée. Voilà un exemple en plusieurs étapes.

 

http://www.chimie-sup.fr/reaction-mukayama_fichiers/image057.gif

 

Elles sont belles, pas vrai ? Pour info, le Taxol est un traitement du cancer super important. Cette synthèse je ne saurais ni la conceptualiser ni la réaliser, mais bon.

 

Alors a priori la recette a pas l'air trop compliquée à trouver pour cette réaction. Trois étapes, tenant chacune en peu de lignes pour la décrire.

 

Mais en général une recette c'est pas compliqué à réaliser, mais il faut l'inventer. Et ça c'est pas évident.

 

En classe on apprend pas mal de recettes pour transformer un groupement (ce que vous voyez en bleu c'est un groupement parmi tous ceux qui existent, enfin on dit plutôt une fonction en jargon mais pour les profanes le mot est pas très parlant) en un autre. Sur la deuxième étape, voyez, l'alcool à gauche (HO - ) se transforme en un truc beaucoup plus complexe de type dit ester.

 

Bref, les recettes de base pour les composés de base on les connaît bien après un peu de pratique. La vraie difficulté pour ce genre de molécules, c'est de savoir modifier un groupement de façon précise (on synthétisera pas pareildeux configurations différentes, et souvent une recette peut donner un mélange de deux produits ou plus !) et surtout sans toucher les autres groupements de la molécule !

 

En gros il faut savoir ce qu'une recette fait très bien, ne fait pas, fait un peu mais pas bien... Et combiner plusieurs d'entre elles pour faire ce qu'on veut. Je suis nulle en par coeur, donc assez nulle en cette discipline, et je n'essaierai plus de rien faire de tel. C'est dommage, car je comprends bien qu'elle soit passionnante, c'est juste pas pour moi... Mais j'espère au moins avoir réussi à vous faire comprendre un peu comment ça marche

Par Seer - Publié dans : Niveau 1 : la base
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 14:28

Phénomène dont à peu près tout le monde a entendu parler.

Raaah à cause du réchauffement climatique / de la pollution / de l’industrie blablabla on va mourir, les UV arrivent sur terre à cause du trou de la couche d’ozone… (Je caricature à peine, et pourtant je ne nie pas les problèmes, au contraire) (En passant, les politiques vous parlant des milliers de morts de Seveso ne savent souvent pas de quoi ils parlent ; il n’y a pas eu de mort sur le coup à Seveso, contrairement à Bophal ou Tchernobyl – par contre, des maladies et malformations, ça oui, mais c’est moins facile à chiffrer tout de suite)

Alors déjà, l’ozone, c’est quoi ?

C’est tout simplement du trioxygène (O3), qui est formé à partir de dioxygène (O2, celui qui nous est essentiel) et peut être détruit par un certain nombre de composés en redonnant du dioxygène. Je ferai quelque chose de plus détaillé plus tard, mais sachez que l’ozone est présent naturellement dans l’atmosphère, à concentration à peu près fixe, et a la particularité d’absorber une grande partie des UV que le soleil nous fait parvenir, ce qui nous évite beaucoup de cancers de la peau notamment.

La couche d’ozone (ou « bon » ozone), contenant 90% de l’ozone atmosphérique, se trouve dans la stratosphère, à environ 20 km d’altitude, et doit être épaisse d’environ 1mm (ramenée au niveau du sol, la même quantité ferait une couverture de 3mm, et c’est de cette longueur, qui est la norme, qu’on parlera par la suite). Les 10% restants sont du « mauvais » ozone, qui se trouve à portée de notre respiration (dans la troposphère, c’est donc de l’ozone troposphérique), ce qui n’est pas idéal vu qu’il est toxique. Les pics de pollution sont souvent associés à une quantité trop importante d’ozone, entre autres.

Pendant la seconde guerre, on a commencé à produire des Chlorofluorocarbures, plus connus sous le nom de CFC, ou fréons : ça avait un tas de particularités intéressantes (non toxique, ininflammable), et ça servait de fluide réfrigérant pour les frigos, et de propulseur dans les bombes aérosol.

En 1974, un article dans la revue scientifique Nature a fait beaucoup de bruit : à partir de calculs, il démontrait la dangerosité des fréons pour la couche d’ozone. Tous les scientifiques n’y ont pas cru, mais sur quelques années, les aérosols ont été largement boycottés par le public, avant que ledit public n’oublie… Ce sont les débuts des débats sur le trou de la couche d’ozone.

En 1978, est envoyé un satellite américain dédié à la mesure de l’ozone total (stratosphérique + troposphérique) ; les données qu’il envoie permettent d’établir… qu’il ne se passe rien. Le satellite ne remarque aucune baisse notable de la quantité d’ozone dans l’atmosphère.

Cependant, les stations au sol contredisent le satellite, tant et si bien qu’en 1985, après avoir été refusée plusieurs fois, une publication apparaît dans la même revue, selon laquelle un trou dans la couche d’ozone apparaît au-dessus du continent Antarctique : on découvre alors que les données le démontrant étaient bien dans le satellite, mais rejetées par le programme comme aberrante, car la variation de la quantité d’ozone était beaucoup plus brutale que ce que supposaient les scientifiques. D’où l’erreur énorme d’interprétation.

Le résultat finalement reconnu est donc le suivant :

Au mois d’octobre, au-dessus de l’Antarctique, l’épaisseur de la couche d’ozone est réduite à un tiers de la normale.

De nouvelles mesures plus précises révèlent que ce phénomène commence en septembre, et qu’il se résorbe en novembre. La taille varie d’une année sur l’autre, mais il a quand même tendance à s’agrandir.

Comment expliquer ceci chimiquement ? (attention, niveau 2 voire 3 minimum, en-dessous ça risque d’être un peu pas clair, désolée)

Les scientifiques Chapman et Grutzen (le second complétant le travail du premier beaucoup plus tard) ont établi un cycle de l’ozone dans la stratosphère.

Réaction de formation (faut bien) :

Dissociation de l’oxygène par les rayons UV : O2 + hn (l < 240 nm) --> O + O

NB : (raah, Overblog déconne, pas merci hein, le n devrait apparaît sous forme de la lettre grecque "nu" mais non) hn désigne en général un rayonnement lumineux (ça vient du travail de Max Planck, j’en parlerai une autre fois). Il faut savoir qu’en général, plus la longueur d’onde (l) est petite, plus l’énergie apportée par le rayonnement est importante ; et que la totalité des réactions physicochimiques ont besoin d’un minimum d’énergie pour avoir lieu, d’où la condition sur la longueur d’onde.

Réaction des atomes avec du dioxygène (M c’est tout ce qu’on veut, je sais pas pourquoi mais si on isole les réactifs du reste ça ne marche pas apparemment) : O2 + O + M --> O + M

En contrepartie, O3 est aussi détruit (faut aussi, sinon y aurait plus que ça dans l'atmosphère) selon les réactions :

 O3 + hn (l < 310 nm) --> O2 + O

 O3 + O --> 2 O2

Et aussi avec l’intervention du dioxyde d’azote :

NO2 + O --> 2 NO

O3 + NO --> NO2 + O2

NO2 + O + h --> O2 + O

Tout ça ça se fait naturellement, et cette compétition permanente donne une quantité d’ozone constante dans l’atmosphère. La nature est un équilibre.

Ajoutons-y maintenant l’influence des fréons :

Ca commence avec la coupure des liaisons carbone-chlore des fréons, qui libèrent du chlore atomique et super réactif dans l’atmosphère.

Cl + O3 --> ClO + O2

ClO + O --> Cl + O2

Notez la réapparition du chlore libre à la fin de la réaction, qui lui permet de la recommencer et de nuire encore plus ! (En chimie on appelle ça un catalyseur) Heureusement, il est possible de le neutraliser ainsi :

ClO + NO2 --> ClONO2 (nitrate de chlore, Cl est stocké et inactif)

Voilà, maintenant on sait comment la quantité d’ozone diminue à cause du chlore. Maintenant, pourquoi en octobre, et encore aujourd’hui alors que la production a quasiment cessé ?

Eh bien voilà :

Au mois de juillet, c’est l’hiver au pôle Sud. La pression et la température de la stratosphère au-dessus du pôle Sud (beaucoup moins ailleurs, pour raison de température plus élevées) conviennent tout juste à la solidification de la rare vapeur d’eau en glace (pas de liquide en-dessous d’une certaines pression pour tous les composés, et l’eau ne fait pas exception). Cela forme des nuages polaires.

NB : la présence d’acide nitrique (HNO3), en plus, dans l’atmosphère, permet de former ces nuages à température plus haute (-89 °C vs -91°C), et donc de détruire un peu plus l’ozone…

 Ces nuages permettent une réaction supplémentaire, qui « déstocke » le chlore :

ClONO2 + H2O --> HOCl + HNO3

Et, en septembre, quand arrive le printemps qui fait fondre la glace et amène la lumière :

HOCl + hn  -->HO + Cl

Et deux destructeurs d’ozone pour le prix d’un ! (Le premier sera cependant moins dangereux car non catalyseur)

Donc en octobre, avant d’être neutralisés par NO2, Cl démolit pas mal d’ozone, d’où l’affinement de la couche.

Au pôle Nord, le phénomène existe aussi, mais bien moindre car les températures sont plus élevées. En général, d’ailleurs, l’ampleur du phénomène varie tous les ans selon les conditions climatiques.

Aujourd’hui, dans l’industrie, la quasi-totalité des CFC ont disparu, remplacés par d’autres composés beaucoup moins dangereux pour la couche d’ozone, mais beaucoup plus nuisibles, pas de chance, en termes de réchauffement climatique. On ne peut pas tout avoir.

Par Seer - Publié dans : Chimie et vie quotidienne
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